Pour les velus de l’époque, c’était un titre qui faisait rêver. Comment oublier que, huit ans auparavant, le premier opus avait redéfini à lui tout seul le jeu d’aventure pour devenir culte pratiquement dès sa sortie ?
Les bouches salivaient. Pensez-donc ! Si on avait pu faire des merveilles avec seulement 16 couleurs, une disquette simple face et 512 ko de ram sur un Atari STF, imaginez ce qu’on pourrait faire avec un CD-ROM sur PC ! Pourtant, ce fut une cruelle déception.
Sous-titré The Legend Of The Skullkeep, Dungeon Master II reprend tous les codes de son auguste aïeul. L’amateur ne sera donc pas dépaysé. L’inventaire des personnages, les combats, la magie, tout est exactement pareil.
L’intrigue ne mérite même pas que l’on s’y attarde. On doit réunir plusieurs clés afin d’entrer dans le donjon, faire fonctionner une machine qui ouvrira un portail dimensionnel afin de vaincre le méchant pas beau qui vit dedans. Les jeux d’aventure ou de rôles n’ont jamais brillé par leur imagination…
Les graphismes sont en dessous ce qu’on attendait pour un jeu de 1995. Ce n’est pas laid mais ce n’est pas beau non plus. Il y a un grain un peu cartoonesque dans les monstres qui dérange et fiche l’ambiance par terre. L’animation est toujours case par case et on a l’impression de voir sans arrêt la même chose, surtout dehors avec tous ces buissons et cette pluie exaspérante. Le son est bon et le jeu bénéficie de nombreuses musiques de bonne qualité, même si les experts la couperont assez vite. En effet, elle dérange pour entendre arriver les ennemis. Ces ennemis s’inspirent eux aussi de Dungeon Master et Chaos Strikes back. Ils sont désormais énormes mais bien moins fins.
Comme il l’a été dit plus haut, le système de magie est le même qu’avant, tout comme les formules mais de nouvelles ont été ajoutées. Vous pouvez désormais conjurer un « attack minion » par exemple, sorte de petite sonde qui s’en va casser la gueule de vos ennemis à votre place. On découvre aussi en cours de jeu un chaudron énorme dans lequel vous pourrez faire votre petite tambouille magique. Dommage que peu de combinaisons soient réalisables. L’idée était bonne.
Autre nouveauté, un système d’achat et vente a été mis en place avec de nombreux comptoirs parsemant le jeu. A vous les armures chiadées et autres armes mortelles ! Une astuce pour faire facilement du blé : revendez les haches des bûcherons que vous avez tués.
Le jeu est relativement simple et se termine en moins de trois heures pour ceux qui le connaissent par cœur. Les cachettes sont faciles à trouver et peu nombreuses. Les nouveautés sont rares. On appréciera essentiellement le côté « steampunk » avant l’heure. Le croisement magie et mécanique fonctionne plutôt bien.
Dungeon Master II fut un échec cuisant et contribua à la faillite de FTL Games. On en sort assez déçu, avec un goût de déjà vu et de ringard. Le jeu aurait pu être fantastique mais FTL s’était endormi sur ses lauriers et n’avait pas vu que les rivaux, comme Ultima Underworld ou Eye Of The Beholder, qui s’étaient grandement inspirés de Dungeon Master premier du nom, les avait désormais dépassés.








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