mardi 31 mars 2026

FALCON - ATARI ST

Sorti fin 1988, début 89, Falcon marqua profondément de son empreinte les ordinateurs 16 bits. Avec le recul, c’est LA simulation de vol sur ST, ni plus ni moins. 


A ce moment-là, Flight Simulator II régnait encore en maître sur bien des ordinateurs. Datant de 1987 pour sa version ST, le programme commençait à vieillir malgré ses qualités. Il fallait passer à autre chose. Falcon fut une bombe dans le monde des jeux vidéo. Tous les canards spécialisés s’emballèrent devant cette simulation si complète.


En 1990, un an après sa sortie, j’avais craqué et acheté l’édition spéciale, en français, avec la « Mission Disk 1 » incluse, pour 300 francs. Une fortune pour moi à l’époque ! J’ai été très heureux de retrouver le même pack voilà quelques années. 


J’ai passé mon été 90 à voler. Un vieux rêve pour moi. C’est l’un des rares jeux où j’ai furieusement compulsé le manuel. J’avais payé, cher, et c’était tout en français, je n’avais donc aucune excuse. On apprend petit à petit à piloter son F-16, vous savez, l'avion-miracle, le « game changer » qui devait faire gagner les Ukrainiens... Les Russes les ont tous dégommés au fait. 


Allumage des moteurs, réglage de l’écran pour afficher la carte, on vire le frein, on avance, on attend d’avoir assez de vitesse, on décolle, on rentre le train d'atterrissage, on essaye de partir sans trop se charger même si parfois on n’a pas le choix, on vole bas et sans la post combustion pour ne pas se faire repérer par la DCA etc. De la responsabilité ! 

Le réalisme est poussé à son maximum. Les fameux voiles noir et rouge, conséquences des G encaissés selon que vous montez ou plongez, sont présents. Il faut composer avec. C’est là que l’on comprend que l’être humain est fragile et pas trop fait pour tout ça. Imaginez dans l’espace…


L’éventail des missions proposées permet de satisfaire tout le monde. De l’entraînement sur cibles fixes en passant par le bombardement de pont jusqu’au duel aérien avec ces « saletés de Russes » (c’était encore la Guerre Froide…), vous pouvez tout faire. Il m’arrivait souvent de voler juste… pour voler ! Le plus haut possible ! Ressentir le plaisir d’être « en l’air ». J’ai eu ce feeling avec Falcon.

Techniquement, c’est de la 3D ultra maîtrisée. Les différentes vues permettent de « sortir » du cockpit et d’apprécier ces formes pleines. Vous pouvez également zoomer sur votre avion et même tourner autour, le tout en temps réel ! Conscients de leurs qualités, les programmeurs fonderont ensuite leur propre boîte, DID, et publieront par exemple Epic ou Robocop 3, tous de purs chefs-d’œuvre de la 3D sur 16 bits. Les possesseurs d'Atari ST avec 1mo de ram furent gâtés avec l’ajout de bruitages supplémentaires et même d'une « boîte noire », permettant d’enregistrer puis de visualiser votre vol ensuite. A noter aussi que le jeu en ligne était également proposé via modem, du ST au ST mais aussi du ST à l'Amiga et vice et versa. Duels, mais aussi escadrilles, étaient au programme. Ça devait être extraordinaire à l’époque.


Une fois la mission réussie et le retour entamé, le plus dur était à venir : l’atterrissage ! Je dois avouer que je n’ai jamais réussi à atterrir correctement. C’était le crash assuré à chaque fois. Pourtant je faisais attention. Au bout d’un moment, lassé de ces échecs à répétition qui me coûtaient du temps, j’avais trouvé une parade : l’objectif atteint, je m’éjectais. C’était pile ou face ensuite. Soit on venait me chercher et j’avais une demi récompense, soit l’ennemi me cueillait et j’étais POW. C’était toujours mieux que de me prendre la tête à vouloir atterrir et finir par me viander sur la piste à cause d’un degré en trop ou manquant… Il est arrivé aussi que l’éjection me tue. Vous savez, le truc à la Top Gun, on s’éjecte mais la vitre du cockpit ne s’est pas bien ouverte et vous vous éclatez dedans. Là-dessus, le programme est très réaliste. 


Le succès de Falcon a été massif. Tellement que deux « Mission Disks » virent le jour. Seul Flight Simulator II avait eut droit à cela auparavant. J’avais la première disquette de ces missions, Operation : Counterstrike, offerte dans le coffret du jeu comme je l’ai écrit plus haut mais, collection oblige, je l’ai également achetée en boîte. Elle contient un poster. 


En 1990, une seconde série de missions fut publiée : Operation : Firefight. Ces « disks » sont à utiliser comme boot puis on vous demandera ensuite de mettre la disquette 2 du jeu Falcon d’origine. Vous ne pouvez pas jouer sans cela. Ce n’est pas seulement du contenu supplémentaire qui est proposé mais également une révision du programme initial. Amélioration, correction des bugs… Vous pourrez voir quelle version vous avez dans le menu « about Falcon ». 


Pleinement comblé avec mes trois Falcon à la maison, je fus très surpris de recevoir dans un lot, voilà deux ou trois ans, une compilation anglaise contenant… tout ! Le jeu et ses deux mission disks. D’habitude, je revends ce genre de doublon mais vu l’affection que j’ai pour ce jeu, je l’ai gardée.


Le recto se regarde en contrejour. Très chouette ! L’étiquette argentée qui joue le rôle de la lune est involontaire ici… 


En bonus, une autre compilation mais low cost. Je ne l’ai pas, elle est bien moins belle : 


L’Atari ST et l’Amiga n’ont pas marché aux USA mais il y avait tout de même un petit public et suffisamment pour qu’on leur sorte Falcon dans une édition américaine :




Le temps a passé et d’autres simulations de vol ont atterri sur ST. F29 Retaliator, Mig-29 Fulcrum, F-19 Stealth Fighter, Proflight… Jamais elles n’ont fait mieux que Falcon sur le plan de la qualité de la 3D, du réalisme et de la profondeur. Seul le PC offrait mieux avec d’autres titres propres à la machine, même si des configurations musclées, et donc hors de prix, étaient de rigueur. 


Falcon continuera d’ailleurs son petit bout de chemin sur PC avec des versions 3 et 4. 

Une légende !

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