Les années ont passé et je me suis équipé successivement d'une Sega Master System puis d'une Super Nintendo et enfin d'une Game Boy. Je continuais à lire Tilt, plus du tout Gen4, et j’achetais d'autres magazines axés consoles, comme Joypad et Consoles +.
Années 90 obligent, on voyait le basculement vers le jeu de bourrin pur jus et le nivellement par le bas chez les rédacteurs. On remplaçait les adultes chevronnés par des branleurs de 17 ans en situation d’échec scolaire. Mais bon, on « lisait » tous ça quand même, pour savoir un peu les nouveautés, les jeux qui allaient arriver etc. Le Net n'était pas là, c'était un autre monde.
Et puis j'ai totalement arrêté les magazines français de jeux vidéo. Tous ! D’un seul coup ! Je n'en pouvais plus. Pourquoi ? Pour leurs critiques bidons et bidonnées ? Les repompes multiples dans des canards anglo-saxons et japonais ? Leur allégeance aux gros éditeurs en échange de « cadeaux » ? Oui, mais pas seulement. Ce qui m'a achevé, ce fut cette propension chez les testeurs et autres rédac-chefs à se montrer partout en photo dans leurs pages, comme le font certains maires dans leur gazette municipale.
Dès 1993, c’était automatique. Dans presque tous ces mags, on avait droit à des espèces de romans-photos lourdingues où ils se mettaient tous en scène et remplis de private jokes rédactionnelles, donc incompréhensibles pour le lecteur. Une bonne branlette !
Fantasmez sur leurs mignonnes petites bouilles diaphanes en gros plan ! Admirez les trucages-photos numériques hilarants qui n'ont pas du tout mal vieilli ! Riez de leur désopilant humour comique, tellement drôle qu'il en est marrant !
Toutes ces pages perdues, sacrifiées sur l'autel de l'ego, du narcissisme et hypocritement vendues sous une devanture pseudo humoristique… Que ne ferait-on pas pour devenir célèbre et être reconnu dans la rue hein ? Les réseaux (de cas) sociaux avant l'heure !
C’était insupportable. Un journal, ce n'est pas un recueil de photos des élèves de la classe. Alors je leur ai dit adieu. Définitivement. Quelques mois après cet arrêt salutaire, tous leurs magazines, que j’hébergeais encore bien gentiment chez moi, partaient à la benne. Il fallait purger.
J’ai remplacé leur lecture par de l’import nippon. Ce n’était clairement pas bon marché. Un numéro de Famicom Tsushin par exemple me coûtait 70 francs pièce ! Presque 18€ actuels avec l’inflation. En 1993/94, c’était énorme, mais au moins, je n’avais plus de blagues de Toto et autres sales gueules à chaque page.
35 ans plus tard, la plupart de ces braves gens ne sont plus rien, si tant est qu’ils aient été quelque chose. Mis à part Greg, qui semble toujours avoir été, non pas le plus malin, mais le moins bête de tous, les autres sont repartis dans leur néant ou pire, en province. Leur quart d'heure de célébrité est désormais bien loin. Pour vivre, certains sont passés du magazine au magasinier. D’autres se sont mêmes foutus en l’air semble-t-il.
Il ne reste plus aux vivants qu'à feuilleter ces vieux « Con-pad + » pour se rappeler l'époque glorieuse où ils étaient payés des fortunes pour écrire sur des jeux auxquels ils n’avaient pas joués, où leur pseudo était connu dans le milieu et qu'ils recevaient du courrier de fans tous les mois. Ça leur évitera de penser à leur présent moche et à l'horreur de leur avenir.
Petit best of de ces rois du rire !
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