Bon. Alors je monte.
Je grimpe les 2 x 8 marches d’escaliers et j’arrive au 9e étage porte gauche. Je frappe, la porte s’ouvre, la blondasse m’attrape et m’entraîne directement dans sa chambre.
Oho ! Ça devient sérieux. Mais au lieu qu’il se passe de délicieuses choses dégoûtantes, elle me montre ça ! « Ça », c’était un Apple II ! Sans doute Plus ou Europlus. Il était installé sur son bureau. Il y avait l’UC, deux lecteurs de disquettes et un moniteur monochrome de petite taille posé là-dessus. Je me souviens, on l’allumait en tirant sur un potard en façade.
Et elle m’explique que son connard de père a ramené ça du bureau. C’était son ordinateur de boulot pendant des années mais, sans doute qu’il y avait eu changement du parc informatique dans sa boîte alors, exit les vieux crincrins ! On avait dû dire aux employés :
- Vous les emmenez si vous voulez, sinon, ça va à la benne !
Vous imaginez le nombre de machines qui ont dû partir au pilon comme ça ? Les mêmes qui valent des fortunes aujourd’hui…
C’est le second ordinateur que je vois dans ma vie. Le premier, c’était son TI-99/4A. Et la voisine de me faire l’article sur cette « nouvelle » machine.
A bien regarder, son Apple II était déjà obsolète mais on était en 1985 et on avait rien de semblable sous la main. Les prix des ordinateurs à l’époque étaient bien trop chers pour un ménage modeste. On regardait ça de loin.
Cet Apple II, même ringard, était un cadeau inespéré pour nous deux. Et preuve supplémentaire que c’était un ordinateur de boulot, son père avait ramené ses jeux avec ! Des tonnes de disquettes 5¼, toutes déplombées, pas un original ! Il fallait bien qu’il s’occupe au bureau…
Les mois qui ont suivi furent passées devant cet écran vert. Dès qu’on avait une fin d’après-midi de libre en commun après les cours, ou tout simplement que le mercredi se pointait, hop ! Je montais et on jouait.
On explorait les disquettes. Les jeux étaient compilés, parfois jusqu’à une dizaine par disque. Je découvrais complètement le support. Quand on en mettait une dans un des lecteurs, on entendait que ça tournait et la voisine de me dire :
- L’ordinateur réfléchit.
Y’en avait au moins un des trois…
On n’avait pas de manettes, juste des track pads mais c’était une galère. Un montait et descendait et l’autre allait à droite ou à gauche. Imaginez les diagonales…
Alors on jouait au clavier. Malgré ça, on a tout de même eu de grands moments de jeux, comme Montezuma’s Revenge ou Conan Hall Of Volta, que je réussis à finir !
Je n’ai jamais oublié cet ordinateur et j’avais déjà pensé à racheter le même voilà quelques temps. Mais les prix…
C’est bien simple, un Apple II Europlus, c’est au minimum 500 balles, et vous n’avez pas grand-chose avec ça, juste l’UC. Il faut ensuite dégotter un lecteur de disquette, des câbles etc.
Alors j’ai opté pour un compromis en tombant sur une annonce raisonnable. Un Apple IIc. « c » pour « compact ». Le lecteur de disquettes 5¼ est intégré dans la machine. Pour le reste, c’est pareil. C’est de l’Apple II.
L’ordi est un peu jaune mais qu’importe. Comme je le dis souvent : ça fait partie de son histoire.
L’arrière, avec ses connecteurs, presque tous proprio…
La poignée permet, évidemment, de transporter le bidule mais aussi de le surélever pour mieux taper sur le clavier. C’est une bonne et une mauvaise idée à la fois. Bonne parce que c’est pratique mais mauvaise car si vous approchez l’ordi manuellement vers vous, la poignée va se baisser et la machine heurter le bureau…
Le lecteur de disquette 5¼ côté droite. A noter qu’il existe un Apple IIc avec un lecteur 3½, il est très rare.
Enfin, le volume et la prise casque côté gauche. Il y a un volume oui car l’Apple II a un speaker interne. Je m’aperçois que je n’ai pas encore testé la prise casque mais ça doit fonctionner j’imagine.
Bon. Pour faire tourner ce machin, il me fallait trois choses. La première, vitale, était une alimentation. Cet Apple IIc était vendu sans. Il a fallu en commander une, moderne, en Italie. Le truc est vite arrivé. Enfin, « vite »… De l’Italie à la France, ça a mis 3 jours mais ensuite, tout autant jusqu’à chez moi. Et comble du bonheur, le livreur est passé à 17h... Un mec qui avait vraiment envie de bosser. Il m’a à peine regardé, je lui ai demandé s’il y avait quelque chose à signer, il m’a répondu :
- Mmrgrnn…
Bref ! L’alimentation fonctionne au moins. C’est du 15v.
Ensuite, la vidéo. C’est du composite. A moins que je ne dégotte un moniteur dédié, ce sera donc du noir et blanc. J’ai acheté un câble spécial pour améliorer ça, ça ne change rien. Mon écran n’aime pas ça. On fera avec.
Enfin, j’avais besoin de programmes. C’était le truc le plus simple à trouver. J’ai fait une petite razzia des jeux avec lesquels on jouait avec la voisine et quelques bonus.
L’ordinateur fonctionne parfaitement, même si je me suis fait une frayeur au début. Malgré la présence de quelques disquettes avec, ça ne bootait pas. « Check disk drive» Le genre d’indication qui glace. En fait, c’était les disquettes qui étaient nazes… Les nouvelles reçues tournent parfaitement. Au menu, Conan évidemment, très grand souvenir…
… mais aussi Maniac Mansion…
…ou Seadragon.
Je n’ai pas de manettes, elles valent aussi chères que l’ordi parfois. N’importe quoi ! Alors je joue au clavier, comme avant. Un vrai retour en arrière !










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