Je me félicite d’ailleurs d’avoir démarré ma collection de merdouilles Atari bien avant le Brexit car pas mal de mes jeux venaient d’UK, qui est un eldorado pour ça. Enfin, « était » car avec la douane + la taxe européenne, c’est devenu trop cher maintenant. Donc, bravo à moi !
J’avais joué à G-Loc en arcade en 1990. C’était clairement impressionnant questions zooms et rotations. Il était évident qu’on n’allait pas avoir ça sur nos machines anémiques. G-Loc sur ST, c’est clairement pas l’éclate. Développé par Images Software, le jeu fait ce qu’il peut pour essayer de nous rappeler quelques bribes de sensations de l’arcade. Mais c’est dur. Ça reste jouable, pendant 5 minutes avant que le son crachouillant nous force à couper le volume du moniteur puis le ST en lui-même parce que c’est pas formidable. Ceci dit, il ne faut pas oublier qu’After Burner fut l’une des pires conversions qui soit sur 16 bits, avec un jeu injouable. Donc, G-Loc, sa suite directe, fait mieux sur ST, mais ce n’était vraiment pas dur.
L’autre jour, en rangeant, tant bien que mal dans ma biblio archi pleine, un nouvel arrivage de boîtes, je me suis aperçu que les éditeurs s’étaient amusés à faire des codes couleurs selon les jeux de l’époque. Je m’en étais à peine rendu compte, mais là, j’ai eu devant les yeux trois tranches « Sega Arcade Hits » qui s’alignaient. Ça m’a amusé et j’ai cherché. Il se trouve que j’ai tous les jeux ST de cette période avec les tranches rouge et or. Je ne l’ai même pas voulu en plus !
Voyons ces jeux ! Tous édités par US Gold, ils étaient pondus, et le mot est juste, le plus souvent par Tiertex. J’en ai déjà causé de cette équipe de programmeurs. Ils n’étaient doués que pour une seule chose : la rapidité ! En effet, en quelques semaines, ils sortaient sur l’ensemble du parc 8/16 bits, une conversion d’un jeu issu des salles d’arcade. Mais qui dit « rapide », dit aussi « mauvais ». On ne peut pas faire quelque chose de bien si c’est vite fait. Que ce soit un jeu, un texte ou du cul…
Alors, on va encore avoir une succession de jeux pourris ici ? Ben justement, non ! Enfin, pas toujours.
On démarre avec Alien Storm. Grosse boîte, juste pour une disquette et une mini notice… On ne soulignera jamais assez le ressort psychologique qu’il peut y avoir dans un achat avec une grosse boîte, même pleine de vide !
Je trouve qu’il y a de la créativité dans l’illustration. Ils n’ont pas choisi un dessin mais ont utilisé une figurine. Un peu de slime et de détails crados et voilà une jaquette qui pulse !
Tout le monde connaît Alien Storm, cette version extra-terrestre/mutante de Golden Axe. C’est le même principe, même si Golden Axe est plus sympa je trouve. Avant d’y jouer sur Atari ST, je l’avais testé en émulation sur Sega Master System. Le jeu faisait le job même si ça ne cassait pas 8 pattes à un mutant…
Sur ST, je m’attendais à un truc bien gluant, surtout que c’était Tiertex qui était à la manœuvre ici. Et bien ça me fait chier de le dire mais c’est pas mauvais du tout ! Les sprites sont grands, ça bouge bien, l’animation est bonne, les phases à scrolling sont super rapides, on s’amuse ! Le son est digne du ST mais on est habitué. Une très bonne surprise donc. Tiertex remonte dans notre estime, un peu. Il leur manquerait toujours deux miracles pour être canonisé de toute façon…
On enchaîne avec G-Loc. Derrière ce nom boiteux se cache la suite d’After Burner, jeu d’avion bien bourrin et répétitif à mort mais qui avait marqué les gens à l’époque par ses effets spéciaux.
J’ai eu ce jeu sans le vouloir évidemment. Il était dans un lot. Quand il est arrivé, la boîte était toute gondolée. Encore un de ces cons qui gardait tout à la cave et, ô mauvaise surprise, il y a eu une inondation… Mais j’ai pu sauver la boîte. Comment ? Simple, en la mouillant à nouveau ! Humidification à l’eau chaude des parties bosselées avec un pulvérisateur, pas trop, puis mise à plat à l’envers et 15 kgs de bouquins sur la gueule ! Y’a plus qu’à attendre 24h ! A la sortie, c’est pas parfait mais c’est beaucoup mieux.
Bonanza Bros. Encore une grosse boîte pour pas grand-chose.
Bonanza Bros. s’inscrit dans ces jeux essentiellement jouables à deux, comme Spy VS Spy. On peut jouer seul, certes, mais c’est moins marrant. Je ne suis pas fan du concept du jeu. Chaque personnage doit s’introduire dans une maison et voler le maximum d’objets tout en évitant les flics. Mouais...
Programmé par Tiertex, le jeu n’est pas mauvais. Encore une fois ! Le scrolling est un peu saccadé mais c’est jouable et on peut s’amuser, si on est amateur. Là aussi, c’est un jeu que je n’ai pas voulu et récupéré dans un lot.
Next, Shadow Dancer ! C’est l’une de mes dernières trouvailles. Il est rare et donc cher.
Shadow Dancer reprend tout le folklore ninja et samouraï mais avec un chien cette fois ! J’avais tenté d’y jouer en émulation dans sa version arcade mais la magie ne s’était pas produite. Puis j’ai testé la conversion sur Master System. Elle est à voir car la pauvre console tente de jouer les machines d’arcade. Sprites énormes, mouvements fluides etc. Cool ? Pas vraiment. On comprend rien, les contrôles sont chaotiques, plein de levels ont sauté, le bonus stage est impossible à compléter (bug), et y’a même pas le chien ! Enfin si, mais juste en apparition furtive. Non vraiment, à voir, mais pour se marrer…
Alors, sur ST, ça donne quoi ? Et bien c’est vraiment pas mal ! Il faut l’admettre ! Réalisée, encore, par Images Software, la conversion ne pue pas le chien mouillé ! On est même surpris d’une aussi bonne qualité, surtout produite par US Gold qui s’en battait les sticks si c’était good ou pas… De beaux graphismes, ça bouge bien, y’a même les aboiements du clébard ! Shadow Dancer m’a coûté un peu cher mais je ne regrette rien et je suis content de l’avoir.
Après le pilotage d’avion, on passe à celui de la F1 avec Super Monaco G.P.. Le jeu est culte sur Mega Drive.
Conversion effectuée par Probe Software, bien connu sur 8 et 16 bits, et qui ont alterné le bon avec le mauvais toute leur vie, je me souviens avoir eu une disquette de démo pour y jouer mais je ne sais plus comment. J’avais trouvé ça sympa mais on était en 1991 et Vroom venait de sortir. Et Super Monaco G.P. ne pouvait lutter. Pourtant, le jeu ne manque pas de qualité, c’est assez joli et pas trop lent mais le framerate ne peut soutenir la comparaison avec Vroom qui va au double de la vitesse. De plus, le son de Monaco est vraiment pouilleux. Ça aurait pu être bien. Ça aurait pu…
E-Swat. Ce jeu m’évoquera toujours ce jour de 1992 où j’avais acheté le jeu du même nom pour ma Sega Master System. Et je l’ai terminé du premier coup ! J’étais, certes, en mode « easy » mais quand même… Je ne connaissais ni le jeu ni les commandes, mais fini dès la première partie ! Je ne suis pas un joueur de génie, c’est juste la conversion qui était nulle. Une chance qu’il ne m’avait coûté « que » 100 balles… Alors qu’allais-je trouver sur ST ?
En fait, je le savais déjà car j’ai eu E-Swat dans une compilation voilà un an ou deux. Et on ne peut pas dire que ce fut choupi ! Converti par Creative Materials, on a là un bel exemple de daube bien liquide et puante. Le chargement est long et le lecteur vibre comme un malade, et ça ne vient pas de mon ST. A la sortie, c’est moche, lent, injouable, l’animation est stupide et primaire, y’a presque pas de son… Comment peut-on donner comme travail fini un truc pareil ? Il faut vraiment en avoir rien à foutre soi-même et que les producteurs encore plus sachant que ça allait se vendre tout de même.
Avant de vous montrer un bout de gameplay en vidéo, appréciez la coquille sur le nom « Europe » au début du jeu. Si c’est pas une preuve que ce truc a été déféqué en urgence…
On arrive au bout de notre périple rouge et or avec Line Of Fire.
Reprenant le concept d’Operation Thunderbolt, Line Of Fire semble être une épreuve pour le ST qui chauffe et rame pas mal pour faire défiler tous les ennemis et obstacles en même temps. Ça donne un résultat pas terrible. Programmé par Creative Materials, encore eux, ils font mieux que sur E-Swat, mais c’est pas dur et ça ne fait pas de ce truc un bon jeu. Jouable à deux de préférence, Line Of Fire reste amusant seul mais bon, il faut aimer le canardage de ce genre. Ça me lasse assez vite. Je lui préfère dans le même style Beast Busters, car plus marrant.
Bon, on a tout vu ? Oui. Mais comme je suis pointilleux, j’ajouterai pour terminer que deux autres boîtes rouge et or existent, mais ce sont des compilations : Sega Arcade Turbo et Sega Master Mix. J’ai la première, pas la seconde. Je ne la cherche pas non plus. Sans doute qu’un jour, dans un autre lot, elle sera là. Je me rends compte que j’ai parfois 5 ou 6 fois le même jeu à cause de tout ça…











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