Passons rapidement sur Turbo Cup, un jeu de bagnole injouable ; au moindre coup de volant/joystick, vous partez dans le décor… Et Tennis Cup, un jeu de … tennis évidemment, et qui se révèle moins bon que la référence Great Courts.
Tous ces « Cup » passés, intéressons-nous maintenant à Panza Kick Boxing, la véritable raison qui m’a poussé à acheter cette compile. Bizarrement, je n’ai pas ce jeu à la pièce. Je le connais très bien pour l’avoir eu en cracké à l’époque. Je le finissais même. J’avais lutté dessus.
Sorti fin 1991, Panza Kick Boxing (PKB) combla les sportifs du joystick sur Atari. En effet, cet ordinateur ne possédait aucun véritable jeu de baston digne de ce nom, ou de bien médiocres.
Tout comme Turbo Cup avait eu comme parrain de prestige René Metge, PKB bénéficia du support d'André Panza, champion de boxe française à l'époque. Donc, un mec auquel il ne fallait pas trop se moquer, sauf de très loin…
Plutôt que de créer des sprites de boxeurs un par un, Loriciel utilisa la technique de la motion capture, largement rendue célèbre pour la première fois par Jordan Mechner dans ses jeux tels que Karateka et Prince Of Persia. La technique consiste à filmer quelqu'un puis à retranscrire les mouvements sur ordinateur. Cela donne une impression de réalisme inégalé.
Une fois chargé, PKB impressionne. Les mouvements des personnages sont rapides, réalistes et fluides. Cela répond bien et l'éventail des coups est faramineux. Si vous aviez 1mo de ram, vous bénéficiez d'une cinquantaine de plus, paramétrable selon vos désirs.
Les graphismes sont beaux, les couleurs bien utilisées. Le son est basique. La bande sonore du début est un soundtrack digitalisé mais sans grand intérêt. Les bruitages des coups font penser à un percolateur de machine à café. Toujours est-il que ce sont des sons percutants et c'est bien là l'essentiel.
Alors, PKB est un jeu parfait ? Et bien non ! Lorsque l'on commence à maîtriser le jeu, on s'aperçoit qu'il y a un gros problème de jouabilité. En effet, pour que les deux personnages puissent se toucher, il faut qu'ils soient sur la « même ligne » : bien en face l'un de l'autre. Hélas ! PKB est un jeu où il faut bouger sans arrêt et il arrive très fréquemment que vous, ou votre adversaire, vous vous marchiez dessus et vos coups ne portent pas. Vous êtes en réalité l'un à côté de l'autre et ça, le programme ne le comprend pas. Vous verrez donc les personnages se livrer à un sorte de jerk improbable, essayant de se toucher mais n'y arrivant pas. Il vous faudra reculer pour retrouver une position acceptable mais souvent à vos dépends.
Dans le même style, il y a également le fait que les persos sont trop près et qu'au lieu de faire l'accolade puis la séparation par l'arbitre, le programme laisse faire. Dans cette situation, les coups de l'ennemi portent mais pas les vôtres et vous vous ferez éclater la tête sans rien pouvoir faire.
Notons également de nombreux bugs comme le jeu qui peut freezer si vous mettez K.O. votre adversaire au moment précis où le chrono s'arrête, l'arbitre qui laisse parfois faire si vous prenez trois coups identiques à la suite (cela est peut-être fait exprès ici, histoire de nous rappeler que l'impartialité en sport, ça n'existe pas), le personnage qui rechigne parfois à se retourner quand il y a changement de côté, l'arbitre (toujours lui !) qui décide de ne pas compter lorsque l'adversaire est à terre et qui attend la fin du round pour se réveiller, sans parler des problèmes quand vous vous retrouvez dans un coin du ring. Curieusement, le programme n'aime pas ça, et il vous fait avancer sans que vous ne le demandiez. Peut-être veut-il vous empêcher de tomber ? Toujours est-il que ce « faux pas » est suffisant pour se faire étriller face à un adversaire très puissant.
Additionnées, toutes ces bourdes se révèlent très vite insupportables et inadmissibles dans un jeu de baston où tout doit être parfait car on ne peut pas lutter à la fois contre un adversaire et une programmation défaillante.
Le jeu est nettement plus facile en version 512 ko bien que moins riche au niveau des coups et aussi du détail. Notons également des images digitalisées d'André Panza. En 16 couleurs, ne vous excitez pas.
Un jeu qui aurait pu être parfait si les programmeurs avaient testé un peu plus leur bébé. Panza Kick Boxing fut malgré tout un hit à l’époque.



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