samedi 4 avril 2026

PARODIUS


Parodius est une franchise de jeux officiellement lancée en 1990 par Konami, mais on peut dire qu’elle a réellement débuté en 1988. 

L’idée était de parodier avec humour et délire le jeu Gradius, qui avait redéfini les shoots en 1985, tout au moins au Japon, de par son système d’armement évolutif. 

Très vite, la parodie engloba d’autres jeux connus puis les musiques d’accompagnement et enfin, la culture nipponne dans son ensemble, donnant ainsi naissance à un titre à part dans le monde des jeux vidéo. On n’est pas là pour sauver l’univers d’un empire d’aliens belliqueux mais juste s’amuser à tirer des gants de boxe sur des mini sumos, des pingouins roses et affronter en guise de boss une pieuvre géante chauve mais qui se lave quand même les cheveux…


La fin des années 80, début 90, fut une période charnière. Les Japonais commençaient à bouffer le monde avec leurs consoles et c'était deux styles de jeux qui s’affrontaient : les Occidentaux, et surtout les Européens, privilégiant uniquement la forme, et les nippons, eux, le gameplay, sans parler de cette touche nipponne inimitable qui rappelait les dessins animés de notre enfance. Et comme les anime et les mangas débarquaient à la même époque dans nos contrées, cela donna un argument supplémentaire pour basculer dans leur camp. Parodius fut l’une de ces pierres apportées à l’édifice. 

MSX 

Impossible de parler de Parodius sans évoquer le premier du nom, sorti sur MSX en 1988. Malgré les performances assez faibles de cet ordinateur, toute l’essence du jeu est déjà là. Le choix entre les vaisseaux-personnages, le délire, les cloches, les moaï (statues de l’ile de Pâques)…


Graphiquement pas vilain, le scrolling est quand même très saccadé et le son insignifiant. On se croirait presque sur ST ! Mais qu’importe ! C’est un test et un coup de maître. 

Vu le peu de succès du MSX dans nos contrées, le truc passa inaperçu même s’il faut souligner que Micro News, mensuel de merde au possible, se fendit pourtant d’une chronique dans ses pages fin 88. On ne s’en étonnera pas finalement car, avant de se renommer Micro News, ce canard boiteux s’appelait « MSX News ». 

A voir comme un prototype aujourd’hui.


ARCADE 

Après le succès de Parodius, il fallait passer à l’étape supérieure. Le MSX étant trop faible techniquement, Konami décida donc de switcher directement sur l’arcade pour offrir un grand jeu digne de ce nom.

Sorti en 1990, Parodius Da ! reprend toutes les idées du jeu MSX mais lui donne les moyens graphiques, sonores et techniques qu’il lui manquait auparavant. C’est un déluge de trouvailles complètement dingues. Les parodies sont très nombreuses. Gradius, bien évidemment, encore et toujours, mais aussi d’autres jeux et pas forcément du même éditeur. Le grand vaisseau faisant plusieurs écrans de long provient de chez R-Type d’Irem par exemple. 


On s’amuse aussi à écouter les musiques, reprises d’un peu partout, même du classique, et remixées à la moulinette. Jamais descendre des pingouins arrogants sur l’air de la Danse Du Sabre n’aura été aussi fun ! En mode difficile, le jeu ralentit pas mal en cas de nombreux tirs. Comme quoi, arcade ou non, il y a des limites. 

Un reboot d’une grande qualité et le lancement d’une franchise qui allait durer jusqu’à la fin des années 90.


SUPER NINTENDO 

Converti en 1992 par Konami himself, la Super Nintendo, alors encore en rodage à ce moment là, montre tout son potentiel avec ce jeu qui est pratiquement un arcade perfect. Tous les niveaux sont là, les graphismes sont presque identiques, le son est parfaitement respecté. C’est un des plus grands portages d’un jeu d’arcade sur une machine domestique. 


C’est avec ce genre de titre que bien des gens largueront leurs ST/Amiga grotesques pour se jeter dans les bras accueillants des Japonais et de leurs jeux inimitables.


GAME BOY 

Adapter un tel jeu sur une petite console 8 bits portable avec un écran monochrome, voilà un challenge ! Et pourtant, Konami a réussi ce tour de force ! 


Certes, le jeu a été simplifié, il manque des niveaux, pas de zooms ni de voix digitalisées non plus évidemment, et ça clignote pas mal en cas de nombreux sprites à l’écran, mais le fond est là et c’est parfaitement jouable. On s’amuse tout autant que sur Super Nintendo et c’est bien là l’essentiel.


NES

Comme pour la Game Boy, adapter Parodius sur une 8 bits poussive comme la NES, ce n’était pas gagné d’avance. Pourtant, le jeu est une franche réussite. 


Parodius sur NES se distingue des autres conversions par des bonus inédits, comme des passages secrets par exemple. A noter également la censure typique de Nintendo. Ici, la danseuse géante est présente, certes, mais habillée ! Aux oubliettes la nana du Crazy Horse et qui remue du cul ! A la place, on a une sorte de « Madame Loyal » sortie tout droit des cirques américains traditionnels, ce qui est finalement acceptable.


PC ENGINE 

Cette version sera la meilleure de toutes les consoles 8 bits et se permet de faire jeu égal sur le plan des graphismes et de l’animation avec la Super Nintendo. Seul l’audio est moins bon. Une version CD-ROM aurait pu corriger cela. 


Malgré tout, la PC Engine montre encore une fois toute sa puissance en offrant rapidité, sprites énormes et zooms. Des boss cachés sont même à découvrir, voir ici. Un très grand titre.


Le temps passant, d’autres Parodius virent le jour comme Gokujô Parodius !, Jikkyô Oshaberi Parodius et Sexy Parodius. On ne compte plus les rééditions sur consoles modernes.


Passons très rapidement sur la version Sharp X68000, qui est de l’arcade perfect ou presque, mais vu le prix de la machine à l’époque, on n’est pas étonné.


Enfin, soulignons l’effort récent d’adapter ce titre sur la console Mega Drive de Sega qui, malgré son origine japonaise, n’a jamais vraiment bénéficié de jeux de ce genre, préférant les conneries de sport ricain et autres multiples Sonic… 

La vidéo ci-dessous montre que cela semble vraiment bien parti, même s’il faudra vous fader des commentaires en portugais…

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