vendredi 3 avril 2026

PC-ENGINE + CD-ROM² SYSTEM + INTERFACE UNIT - NEC HUDSON SOFT


La PC-Engine. C’était un vieux rêve pour moi. 

Comme beaucoup, je l’ai découverte dans les magazines de l’époque, avec quelques chroniques de ses jeux. A l’époque, on était encore totalement axé sur les ordinateurs 8 et 16 bits mais les consoles japonaises commençaient leur forcing et il y avait clairement un intérêt, légèrement snob il faut bien le dire, pour ces machines venant du pays du soleil levant. On savait, parfois inconsciemment, que le meilleur du jeu vidéo domestique était là. 

Et puis vint le numéro 19 de Micro News publiée en mars 1989. Mensuel merdeux au possible, il me mit tout de même une sacrée beigne de par un article de trois pages, transcription d’une source ricaine ou japonaise. On tient là tout le système de la presse vidéoludique française…

Il était question du premier jeu sur CD-ROM. Et devinez sur quelle machine ? Eh oui, la PC-Engine ! Ce fut la première console à bénéficier d’un lecteur dédié dès 1988. Alors qu’on était tous sous disquettes, parfois même sous cassettes, la PC-Engine, elle, faisait tourner des CD-ROM. C’était le temps où tout ce qu’il y avait de nouveau et de moderne en électronique venait forcément du Japon.


Le jeu en lui-même, Fighting Street, était une conversion quasi parfaite du premier Street Fighter en arcade. Ça en jetait. Mais ce que j’en retenais, c’était les photos qui montraient un ensemble console + lecteur de CD-ROM le tout dans une petite valise transportable ! 

Alors qu’on se trimballait des ordinateurs énormes et massifs, là, tout tenait dans un truc de la taille d’une feuille A4 ! C’était du jamais vu ! On se disait avec des potes, et avec raison, qu’avec ça, on pouvait partir en vacances. Il suffisait juste d’une télé et hop ! Aucune interruption dans la quête de votre jeu d’aventure du moment ou autre. 

Encore aujourd’hui, il n’y a rien, pour moi en tout cas, qui surpasse ou simplement égale cet ensemble. La PC-Engine dans sa valise avec son lecteur de CD-ROM, c’était beau, c’était cool, c’était compact, c’était ultra moderne ! Le type qui avait ça devait se sentir tout puissant. 

Qui pouvait rivaliser à ce moment là ? Rien. Le ST et l’Amiga ? Restons sérieux. La Mega Drive était larguée et la Super Nintendo n’arriverait pas avant 1991. Seule la Neo-Geo la surpassait mais personne ne pouvait se payer ses jeux à part des fils de ministres. La PC-Engine, c’était THE machine pour jouer à ce moment-là ! 

Mais sur du papier glacé, on peut difficilement se rendre compte de la chose. Il me fallait une rencontre réelle avec la console. Elle se produira l’année suivante.

On était en 1990. Alors que j’errais dans Paris avec d’autres ringards dans mon genre, nous entrâmes dans une ces fameuses boutiques parisiennes du 11e arrondissement ; elles étaient déjà là mais sous des noms différents. Shoot Again, Ultima etc. Aujourd’hui en faillite, après des années de magouilles, de recel et de clients insultés, on se dit qu’il y a finalement une justice. 

Faute de thune, nous ne pouvions rien acheter, juste profiter de l’entrée libre afin de nous rincer la rétine et entretenir notre frustration. Il fallait être maso… 

Là, dans un coin, une télé et, branchée dessus, une PC-Engine ; juste la console, pas de CD-ROM. C’était la première fois que je la voyais en vrai. Je constatais qu’elle était toute petite. Un jeu tournait en démo dessus, F1 Triple Battle. 

Cela devait s’inscrire à jamais dans ma matière grise et molle. Les graphismes étaient basiques mais l’animation était incroyable. Ce n’était pas rapide, c’était bien au-delà. Et fluide ! Aucune saccade. Je restai là comme un couillon devant cet écran, les yeux tous ronds, en me disant que seule l’arcade, qui restait le maître étalon des jeux à cette époque, pouvait offrir une telle rapidité. C’était ça la PC-Engine ? Comme mon Atari ST me semblait lent ! 

Après avoir vu les alléchantes images dans Micro News, je découvrais la réalité en boutique. Du magazine au magasin… Et ce n’était qu’un bête jeu sur carte. J’imaginais déjà le CD-ROM. Quelle claque ! Le genre dont on ne se remet pas.

La PC-Engine poursuivit son petit bonhomme de chemin. Au Japon, elle était la seconde console la plus vendue. Elle fut plus ou moins officiellement proposée en France, parfois dans des supermarchés comme Auchan… Et chaque mois, on la retrouvait pour quelques tests bâclés dans les ineptes pages de Joypad ou Consoles +. 


J’ai sérieusement envisagé son acquisition début 1994 je crois, avec son CD-ROM évidemment. Je la voyais souvent dans de mini catalogues de VPC que je recevais régulièrement et qui entretenaient le rêve, et la consommation. Ça me démangeait. Je n’avais pas oublié ce que j’avais vu quatre ans plus tôt et, pour moi qui ne jurais à ce moment là que par les jeux les plus japonais possibles, c’était LA console absolue. De plus, j’avais vu que des jeux CD-ROM sur Ranma ½ étaient sortis dessus.


Je me suis tâté. Longuement. Et puis j’ai renoncé. C’était quand même encore assez cher et puis j’avais déjà une Super Nintendo, je venais de m’offrir une Game Boy, ma Master System était toujours là et mon ST, même s’il commençait à prendre la poussière, tournait encore, pour quelques mois avant son explosion finale… C’était bien assez. D’ailleurs, j’abandonnais totalement les jeux vidéo fin 1994. Un ras-le-bol absolu.

Tout de même. J’aurais bien voulu avoir une PC-Engine. C’est comme ça que naissent les frustrations. L’arrivée d’un PC en 1999 avec le Net me permit de découvrir ses jeux de par l’émulation. C’était bien, et ça me suffisait à l’époque. Mais plus maintenant. Il me fallait la bécane. 

Août 2023. Succombant à une offre inratable, j’achetais la PC-Engine seule. Mon idée était de « construire » petit à petit cet ensemble fabuleux qu’est la console et son lecteur de CD-ROM dans sa petite valise. Hélas, une fois la PC-Engine reçue, je constatais qu’elle déconnait. A l’écran, les sprites de certains jeux étaient… à l’envers ! Un problème de hardware. Retour, remboursement. Je revenais à la case départ. Je ruminais depuis. 

Décembre 2025. Alors que d’autres profitent de Noël pour s’offrir un Goldorak Popy 2.0 afin de conjurer un manque ou une injustice du passé, j’ai décidé de me faire le même genre de psychothérapie en me payant une PC-Engine complète, avec son lecteur de CD-ROM dans sa petite valise ! Noël a bon dos… 

Tout a été minutieusement préparé. Le type qui m’a vendu tout ça répare ce genre de bécanes. C’est d’ailleurs lui qui m’a restauré mon A600. Il avait la totale en stock : la PC-Engine, le lecteur et la valoche. Je lui ai donc demandé de tout revoir avant achat. Je voulais du plug & play !

Autant le dire de suite, ça n’a pas été bon marché tout ça. J’en entends déjà au fond de la classe qui me demandent « Combien ? » 450 balles, frais de cochon compris. C’est mon achat de retromerdouilles le plus cher à ce jour. Et peut-être le dernier aussi. Quand je regarde ma collection, j’ai tout ce que je voulais ou presque. Bon, pas d’Atari Falcon 030, certes, ni de PC Atari non plus. Les prix sont dingues, entre 1000 et 2000 balles pièce selon état… Ce n’est pas une question de moyens mais de valeur de l’argent. Mettre aussi cher dans des crincrins qui valaient chacun moins de 50€ il y a 25 ans... Non. Il n’y a qu’à attendre, surtout que les prix de ces machines ne dureront pas éternellement. Je les trouverai un jour. Ou ma Rouquine en brocante. Elle a déjà fait des miracles là-dessus. Mais peut-être que j’arrive à une limite et un achèvement avec cette PC-Engine. On verra. 

En attendant, profitons de cette merveille ! 

La mallette ! 29,5 x 21 cms pour 2 kgs. 


Ouverture, à l’aide de petits boutons-poussoirs. 


La PC-Engine est blanche ici, c’est le premier modèle qui est de meilleure qualité par rapport à la CoreGrafX qui est venue ensuite et qui est de couleur anthracite. Les deux machines sont identiques question hardware. Je ne voulais que la blanche, c’est elle que j’ai vue en 89/90. Et puis elle va mieux avec le lecteur à côté, ça jure moins. Je suis très pointilleux là-dessus.


Le lecteur de CD-ROM a été entièrement révisé. Nettoyage, révision des condos, engrenages, lubrification, pression des pneus etc.


La console, avec son « ultimate card » dedans. Tous les jeux sortis en carte sont dessus. J'allais pas me lancer dans des achats de jeux sur cette machine, les prix sont trop hauts. 


Côté droit, les entrées d’origine composite. C’était problématique, je n’ai aucun moniteur composite couleurs et ça ne passe pas bien sur mes écrans plats modernes.


Sachant cela, le type me bricola une sortie RGB sur le côté gauche. Avec le câble péritel fourni, je pouvais raccorder le bidule à mes moniteurs classiques. Je me sers tout de même des prises composite audio en les branchant à des enceintes externes.


Evidemment, c’est un bonheur total. Magical Chase, le premier jeu que j'ai lancé comme test juste après le déballage du colis. Malgré sa difficulté éprouvante, c’est un chef-d'œuvre.


Street Fighter II’, sans doute la conversion la plus impressionnante qui soit de ce classique de l’arcade. N’oublions pas qu’on est sur une console 8 bits. Je trouve cette version meilleure que celle de la Mega Drive. 


F1 Triple Battle, le jeu qui me mit une baffe en 90. Ça fait bizarre de le voir chez moi comme ça, 35 ans après… 


On passe au lecteur de CD-ROM. Pour le faire tourner, il faut une carte spéciale. Nec en a produit plusieurs pendant les six années d’exploitation de la PC-Engine. Basique au début, contenant juste un programme, les suivantes ont grossi, embarquant de la ram supplémentaire. Les trouver aujourd’hui n’est pas évident et peut coûter très cher. La dernière en date, l’Arcade Card, dépasse les 250 boules !

J’ai jeté mon dévolu sur une carte intermédiaire, la Super System Card V3.0. Je savais qu'elle ferait tourner mes trois CD-ROM de Ranma, que j’avais depuis des années. Là aussi, vu les prix, je ne pense pas en acheter d’autres ensuite et la solution des CD gravés est à proscrire sauf si on veut bousiller le lecteur…



Le mec qui m’a vendu tout ça m’avait prévenu : les consoles PC-Engine, c’est super chiant question CD ! La moindre rayure et le truc ne passe pas. Il m’avait montré quelques vidéo faites avec son propre matos et, effectivement, c’était pas toujours choupi. Glitches ou carrément écran noir. Il faut croire que j'ai eu de la chance. Un ou deux déconnaient et refusaient de se lancer. Mais une fois nettoyés au dentifrice (mais oui !), les CD-ROM repartent !

L'un des Ranma :


Fighting Street, acheté plus tard :


Le lecteur fonctionne parfaitement et peut également servir de Discman avec un panneau de commande à l’écran. J’ai ressorti un de mes vieux CD juste pour l’occasion, il y a un bail que je n’en écoute plus du tout… 


Que dire de plus à part que je suis heureux ? Comme disait Brel : « Il y a les gens qui rêvent leur vie, et d’autres qui réalisent leurs rêves ! » J’en ai réalisé un. J’espère que vos cadeaux seront aussi beaux que le mien. 

Un joyeux Noël à tous.

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