mercredi 8 avril 2026

PLANETE AVENTURE - ATARI ST

Compilation d'Ubi Soft publiée en 1991 et contenant quatre jeux : Les Portes du Temps, Explora II, Indiana Jones and the Last Crusade - The Graphic Adventure et Maniac Mansion.

Indiana Jones ayant déjà été chroniqué à la pièce, voyons les autres jeux.

LES PORTES DU TEMPS

Jeu d'aventure made in France, développé par une boîte bretonne nommée Legend Software. C'est une histoire de virus mortel (...) qui contamine des gens dans le passé. Il faut les trouver avant que le cours de l'Histoire telle que nous la connaissons change. 

Le jeu avait récolté de bonnes critiques et cela semble sympa même si je trouve les graphismes pas très beaux. On se croirait sur C64. On doit aussi taper des commandes, genre "prendre arme", c'était déjà ringard, le point & click allait balayer tout ça. Le jeu a mal vieilli malgré un bon scénario.


EXPLORA II

Encore un jeu made in France, produit par Infomédia. Il y avait des tonnes de boîtes françaises à cette époque qui pondaient pas mal de jeux très originaux. Coktel Vision, Cobra Soft, Tomahawk... La plupart ont coulé ou ont été rachetées. Il y aurait un truc à faire avec ça. C'est la mémoire française des jeux vidéo.


Très bon jeu avec des graphismes vraiment chouettes, ça cause en français façon Mortevielle et y'a même du cul! A noter qu'un 3e volet sortira, preuve d'un certain succès, et que Psygnosis se chargera de publier ces jeux en UK sous le nom de Chrono Quest.


MANIAC MANSION

Maniac Mansion est une légende du jeu vidéo et à plus d'un titre. A la fin des années 80, les jeux d'aventure se résumaient souvent à de jolis tableaux statiques et des actions à faire dessus, le plus souvent en tapant des mots-clés et autres directives, en anglais neuf fois sur dix.

Alors c'était bien certes, riche en rebondissements, mais finalement assez peu accessible à un jeune public avide de rapidité, d'action et de facilité.


Lorsque George Lucas décida d'investir quelques-uns de ses milliards de dollars dans l'industrie des jeux vidéo en créant sa boîte, appelée LucasFilm Games et qui sera rebaptisée ensuite LucasArts, il se dit qu'il lui fallait un jeu sortant des sentiers battus pour bien faire parler de lui dès le début. 

Il se tourna vers un certain Ron Gilbert, un de ces gros geeks au cerveau bien irrigué par les chips et autres barres chocolatées, et qui bossait sur une interface révolutionnaire pour les jeux d'aventure : le SCUMM, ce qui veut dire Script Utility for Maniac Mansion. Avec ça, le jeu se gère entièrement à la souris et est à la portée d'un gamin de 5 ans. On clique sur des endroits, sur des mots, on associe tout ça et ça marche. Le click and play venait de naître et Maniac Mansion fut son cheval de bataille.


Maniac Mansion raconte une histoire qui peut sembler on ne peut plus usée jusqu'à la corde dans un premier temps. En effet, la petite amie de Dave Miller, Sandy, a été kidnappée par Fred, un savant fou, accompagné de sa femme Edna (folle également) et de leur fils unique Ed (pas fou lui mais assez bizarre quand même). 

Sandy est retenue dans leur gigantesque manoir. Dave et deux de ses amis s'y collent pour aller la délivrer. Mais par la suite, on découvre une sombre histoire de météore qui s'est écrasé dans le coin il y a de ça une vingtaine d'années et que bien des choses ont changé depuis…


Une fois entré dans le château, c'est tout une maison qui se découvre à vous. Chaque pièce a son ambiance, toujours dans le côté humour noir et les objets sont innombrables. L'interface séduit de suite. On clique et le personnage se rend tout seul là où on le lui a demandé. Ça ne semble rien comme ça mais c'était une petite révolution à l'époque. Et en plus, pas de problème de maniabilité comme avec les Voyageurs Du Temps par exemple. Dans ce dernier, il n'était pas rare de voir le personnage bloqué dans un recoin ou accroché par un pixel. Et ne parlons même pas des problèmes de proximité pour prendre un objet, toujours trop loin ou trop prêt. Dans Maniac Mansion, ces histoires de mauvaise programmation n'existent pas. Le personnage se déplace tout seul et n'est pas idiot, il prendra toujours le bon chemin de lui-même pour se rendre là où vous le voulez. 

La chose la plus surprenante du jeu est de faire équipe à trois. En effet, Maniac Mansion ne résume pas à un courageux qui entre chez des fous et les deux autres qui attendent dehors. Non, tout le monde participe. Et chaque personnage apportera ses compétences. Il s'agira de bien choisir donc dès le début car certaines actions ne seront faisables que par certains personnages. Par exemple, pour les choses à base d'électronique ou de bricolage, Bernard le geek sera parfait, mais question courage, ce n'est pas vraiment ça. On lui préfèrera plutôt pour ce genre de travail le clone de Brice de Nice, à savoir Jeff. Se passant le relais, par l'entremise de la commande « changer », les trois compères peuvent se trouver chacun à un endroit particulier, avec leurs objets, sans aucun problème. SCUMM gère très bien tout ça.


La difficulté est monstrueuse et l'on se demande si ce genre de jeu n'est pas fait pour être joué avec la solution complète juste à côté de soi. Bien malin celui qui a réussit à l'époque à le terminer tout seul sans tricher. Le fait de devoir diriger trois personnages quasiment en même temps, de choisir lequel ira faire telle ou telle action, quel objet prendre, et de jongler avec des timings cruciaux (ne pas tomber sur les habitants du manoir, sinon, c'est la taule) n'arrangent rien. On teste tout, même les trucs les plus saugrenus ; surtout les trucs le plus saugrenus ! Reste à savoir ensuite si ça va marcher et quelle incidence cela provoquera. 

Le jeu se veut vicieux quasiment dès le début car, pour ouvrir la porte blindée, il vous faudra un code trouvable uniquement dans la notice. Et attention, en cas de mauvaise réponse, toute la baraque et ses occupants seront désintégrés dans une explosion après une alerte sonore assez maousse. Mieux valait donc acheter le jeu en original à l'époque, mais c'était vraiment sans regret tant la qualité était au rendez-vous. 


Enfin, n'oublions pas la puissance financière de Lucas qui traduisit intégralement ses jeux dans toutes les langues de chaque pays où ses disquettes étaient vendues. A moins d'être illettré, plus aucune excuse pour ne pas y jouer ! 

Maniac Mansion est un pur produit des années 80. On sent l'influence de MTV dans les looks et la mentalité des personnages. On y retrouve de l'humour potache et pas très fin, une sorte de mix entre American College et Les Contes De La Crypte ! Les références à des films d'horreur des années 50/60 et de séries Z sont également nombreuses. Les programmeurs s'en sont donnés à cœur joie et ont salement déliré parfois. Citons l'exemple de la punkette Razor qui peut mettre le hamster de Ed dans le micro-onde pour le faire exploser (scène censurée sur la version Nintendo). 


Le jeu rafla tous les prix et se fit une énorme réputation parmi les joueurs, bien contents de pouvoir jouer à autre chose qu'à des histoires de sorcier de bas étage devant aller reprendre un cristal magique dans une forêt enchantée. L'identification était également très forte car les personnages de Maniac Mansion étaient comme eux. Des jeunes, modernes et branchés, pas trop pauvres, drôles, plutôt lâches mais ingénieux. 

Un tel succès ne pouvait rester unique et on vit débouler d'autres jeux du même éditeur reprenant exactement le même concept, comme par exemple Zak McKraken And The Alien Mindbenders, Indiana Jones And The Last Crusade ou The Secret Of Monkey Island. Carton plein ! Notons également la suite directe de Maniac Mansion : Day Of The Tentacle.


Maniac Mansion est un classique du genre et est ressorti maintes fois sur plateformes modernes depuis 25 ans, souvent avec des graphismes améliorés. Le marqueur d'une époque.


Review écrite par mes soins en 2007 sur un autre site, reprise et arrangée ici.

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