Rick Dangerous est sorti vers la seconde moitié de 1989. C’est un jeu de plateformes anglais développé par Core Design et publié par Firebird. Vous incarnez un petit bonhomme qui doit éviter pièges et ennemis dans un lieu donné tout en ramassant des trésors. Classique.
Ses clins d’œil à Indiana Jones et sa très bonne réalisation, graphismes façon cartoon rigolo, excellente animation, rapide, fluide et précise, audio digitalisé, fit qu’il cartonna sur ST, sa version d’origine car il fut entièrement conçu dessus.
Les autres portages, Amiga, mais aussi 8 bits, furent également de gros succès et l’ami Rick devint presque de suite un jeu culte et indispensable sur les ordinateurs européens de l’époque. Encore aujourd’hui, la génération des geeks de 45/55 ans se souvient de lui. On l’a tous eu, en pirate ou non.
Perso, j’ai eu Rick Dangerous, en original ! Mais oui, ça arrivait. Je me l’étais fait offrir pour mon anniversaire fin 89. Il y avait dans la boîte un petit poster moche, qui faisait également office de notice au dos, et que j’avais accroché sur la tapisserie encore plus moche de ma chambre d’ado.
Lorsque j’ai reçu le jeu, il se trouvait que ma voisine de palier squattait encore chez moi. Quand on s’emmerde chez soi, on va emmerder les autres chez eux… Et de suite, une fois le jeu chargé, on a commencé à jouer et essayer de franchir les différents pièges. Rick est un die & retry pur et dur. Vous ne passerez qu’après avoir mouru des milliards de fois prouvant ainsi que vous connaissez le niveau par cœur.
La voisine remontée chez elle, ça lui arrivait, je me retrouvais enfin tranquille pour poncer le jeu sérieusement. On joue toujours mieux tout seul.
Le premier niveau, celui du temple amazonien, ne me posa aucun problème. J’accédais donc au second, la pyramide égyptienne, avec ses terroristes basanés coiffés de fez… C’est là que tout a basculé. Une fois mes vies terminées, pour retourner dans cette pyramide, il fallait que je me retape tout le premier level car, oui : IL N’Y A AUCUN MOT DE PASSE NI SELECTION DE NIVEAU DANS CE JEU ! Ce qui voulait dire que pour les prochains, ce serait la même chose mais en pire !
- Tu veux aller au niveau 4 ? Refais les trois premiers d’abord !
Imaginez ma stupéfaction…
Mais la vie peut parfois être magnanime avec les gens dotés de nerfs fragiles comme moi. En effet, le second level, celui de la pyramide donc, contient un piège pratiquement infranchissable ! Il faut sauter sur deux plateformes en évitant les piques au sol tandis qu’un serpent en face vous balance des flèches… Tout est à la seconde et au pixel près.
Je n’ai jamais oublié ce piège démoniaque. Quand YouTube s’est développé et qu’on a commencé à trouver des longplays de vieux jeux, je fus très heureux de voir sur la vidéo de Rick Dangerous des tonnes de commentaires de gens parlant de ce passage abominable. Je n’ai donc pas été le seul à souffrir !
Ce piège, je ne l’ai passé QU’UNE SEULE FOIS ! Un hasard total bien sûr. Et je suis mort dans les dix secondes suivantes car, découvrant un nouveau tableau, je suis tombé dans le premier piège venu et je n’avais plus de vies. Game over. Pas de crédit pour continuer non plus. Il fallait tout recommencer. Inoubliable de colère et de frustration.
Après cet épisode douloureux, j’ai renoncé à Rick Dangerous. Je ne l’ai plus jamais relancé, ou si peu. Je n'ai jamais vu les niveaux suivants. La difficulté maximale ? Ok, on apprend avec le temps, mais pourquoi pas de mots de passe ou de codes pour choisir son niveau ? Pourquoi devoir tout refaire à chaque fois ? Dans le jeu Gods par exemple, une fois que vous avez terminé un monde, la disquette crée un mot de passe qui figure dans les high scores et qui vous permet de passer ce monde déjà vu. Vous enchaînez donc directement sur de la nouveauté. Pas avec Rick. Il faut tout se retaper. Non, je refuse.
Cette semaine, en introduisant la disquette de Rick Dangerous issu du Power Pack pour la tester, j’avais un demi-sourire sur la face. C’était une vieille connaissance. Pas un ami, loin de là. Juste quelqu’un que j’avais croisé il y a longtemps et qui ne m’avait pas semblé très sympathique... Une fois chargé, j’appuyais sur le bouton fire de mon stick pour voir si le jeu tournait bien. Et là, le miracle ! Un menu me donne l’accès direct aux quatre levels du jeu !
L’option qui manquait tant, que je voulais tellement avoir en 1989, le Pack me l’offrait ! Je l’ai toujours dit : outre la compression (moins de disquettes donc moins de changements), les compilations ont parfois des jeux améliorés et corrigés. Il ne faut surtout pas les négliger.
Le carton de Rick sur 8 et 16 bits fit qu’une suite sortie en 1990, sans intérêt je trouve. Sauf qu’on a le choix des niveaux cette fois ! J’imagine que les concepteurs se sont fait taper sur les doigts pour le premier à cause de ça.
Un dernier truc : des gens ne savent pas qu’une fois le jeu chargé sur ST, si vous appuyez sur la barre d’espace, vous jouerez en noir et blanc. Ça sert à rien mais bon…
Le longplay, avec vies infinies. Il faut au moins ça…







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