Sorti en 1987 des usines FTL (Faster Than Light), déjà connu pour son SunDog : Frozen Legacy sur la même machine, DM fut un coup de génie, et de massue, dans le monde des jeux d’aventure micro-ludique qui, le plus souvent, se résumait à des pavés de textes. DM balaya tout ça et tua ce genre, alors très en vogue sur 8 bits. Il n’est pas exagéré de dire qu’il y a un avant et un après DM.
Passons sur le scénario, il est digne d’un Livre Dont Vous Etes Le Héros… L’innovation de DM est essentiellement technique. Utilisant la puissance du ST, le jeu est entièrement animé, graphique et surtout : en temps réel ! Le programme gère toute la vie du donjon. Si vous laissez un monstre au 4e étage, il continuera sa petite existence pendant que vous explorez le 8e !
Entièrement géré à la souris (les gauchers et autres ambidextres pourront associer la souris à gauche et le clavier pour avancer avec la main droite grâce aux touches fléchées et ainsi être plus rapides), DM est un modèle de confort. Tout est simple, accessible. Avancez dans les couloirs humides de DM. Avancez… pour de vrai ! D’ailleurs, on n’avance pas dans DM, on s’y enfonce !
En plus des graphismes et des animations, le rendu sonore a été particulièrement soigné. Le moindre bruitage est digitalisé. Lancez une lame sur un mur, elle s’y écrasera dans un son métallique ; une gourde, ce sera un son mat. Mangez un pain, un « gulp » se fait entendre. Une grille s’ouvre dans un grincement de mécanisme rouillé.
Reprenant le côté JDR, vous aurez en charge une équipe de quatre champions (ou moins), que vous aurez sélectionnés parmi tout un panel au début du jeu. Chacun est, plus ou moins dotés, de quatre castes : guerrier, ninja, prêtre et sorcier. Elles sont librement cumulables et ont des grades suivant l’expérience. Vous devrez faire progresser vos champions par le combat et les conjurations mais aussi veiller sur eux, en leur accordant des temps de repos réguliers, sans oublier de les soigner, les nourrir et les faire boire. DM est plus qu’un jeu d’aventure, c’est essentiellement une simulation de vie !
L’utilisation de la magie se révéla extrêmement réaliste. A l’aide de symboles, véritables formules magiques, vous composez votre sort. Partageant ce même langage, les prêtres fabriqueront des potions de toutes sortes (guérison, antidotes, augmentation des aptitudes physiques et/ou spirituelles etc.), tandis que les sorciers donneront, entre autre, dans la boule de feu, le dard empoisonné ou la vision à travers les murs. Il existe des dizaines de formules différentes, facilement trouvables désormais. Seuls votre niveau d’expérience et votre « mana » (le quotient de magie disponible), vous permettront de les réaliser.
Sauvegardable à volonté, votre équipe pourra revenir après avoir été acculée puis dévorée par une bande de rats géants fous furieux ou écrasée du fait d’une chute dans une trappe invisible. D’ailleurs, la mort n’est jamais définitive tant que l’un des quatre champions est encore en vie. Il suffit de prendre les ossements du défunt camarade et de les déposer dans un des nombreux autels de résurrection qui jalonnent le donjon pour qu’il revienne à la vie ; certes, avec moins de points et d’expérience qu’avant. Tout se paie.
DM se distingue également par de petits détails qui font les grands tout, comme la lumière des torches qui baisse au fur et à mesure qu’elles se consument, la fatigue des champions à force de cavaler, le besoin de manger, de boire et de dormir pour reprendre des forces, les blessures qui handicapent et diminuent les aptitudes tant qu’elles ne sont pas guéries. N’emportez pas non plus tous les coffres et armures qui se présentent à vous, vous seriez en surcharge et n’oubliez jamais que votre équipe se déplace toujours au pas du champion le plus lent. Il vaut mieux être léger, surtout si vous vous faites courser par un monstre !
Avec toutes ces qualités, associées à un système anti-copie unique en son genre, et que les pirateurs mettront plus d’un an à totalement cracker, disponible en français (parfois boiteux) à l’écran, n’utilisant que 512 ko de ram pour tourner, alors que la version Amiga a besoin d’un méga, DM fut la meilleure vente sur Atari ST toute catégorie confondue. Adapté par la suite sur d’autres plateformes, parfois les moins inattendues comme la Super Nintendo, DM devint culte pratiquement dès sa sortie.
Sachant qu’il faut un peu plus de 8h pour terminer intégralement le jeu quand on le connaît par cœur, ce sont des mois d’exploration angoissante qui attendent les néophytes, à chercher des objets, des salles secrètes, à résoudre des énigmes et à tuer, ou à échapper, à des dizaines de monstres différents. Et tout ça sur une seule disquette old school !
DM est un monument du jeu vidéo. Il inspirera les Eye Of The Beholder et tant d’autres jeux du même style qui deviendront un genre à part : le dungeon crawler.




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