mardi 31 mars 2026

MON HISTOIRE AVEC LA MEGA DRIVE DE SEGA

J’ai détesté la Mega Drive pendant de très nombreuses années. Les raisons sont stupides. Ma collection de retromerdouilles, entamée en 2018, m’a permis de me réconcilier avec elle. 

Première moitié de l’année 1989, peut-être mars ou avril, un pote de classe nous ramena… une Sega Mega Drive ! Ce fut mon premier contact avec elle. On commençait déjà à en parler dans tous les magazines de cette nouvelle console 16 bits sortie fin 88 au Japon. 



Ici, c’était de l’import pur jus en provenance direct du Japon (la Mega Drive ne sortira qu’au mois d’août 89 aux USA sous le nom de Genesis). La boutique Shoot Again de Paris, qui s’occupait déjà d’importer la PC-Engine, fit la même chose avec des Mega Drive nipponnes à 2000frs pièce, sans doute modifiées dans l'alim et la sortie vidéo. Fallait être blindé… 


La précieuse bécane fit le tour des amis de confiance, des copains sympas, des vagues connaissances et même de ceux qui n’étaient rien de tout ça ! Pensez donc ! On avait LA console dont tout le monde parlait et avec le vernis de l’import japonais en prime ! On ne se sentait plus pisser ! Toutes les portes s’ouvraient ! 

Mon tour de test arriva vite. Je ramenais chez moi la bécane avec une fierté immense. Déjà, je trouvais la console vraiment belle. Ce côté noir lui donnait une classe folle. On était encore dans ces appareils blancs ou beiges. Quand on voit la gueule d’une NES, c’est vraiment laid. On dirait une boîte à chaussures ! 

Le tout connecté, j’enfichais (jt’en ficherai ouais…) le seul jeu qu’il y avait, celui de Hokuto No Ken et que l’Occident connaîtra plus tard sous le nom de Last Battle. Power on ! 

Hélas, la petite télé couleurs 36cms dans ma chambre n’aima pas du tout ce que je lui avais branché dans le fondement. La console fonctionnait mais à l’écran, c’était tout brouillé et moche. Je ne sais même plus si j’avais du son. Je tentais tous les réglages afin d’obtenir mieux, sans succès. Une merde de Secam sans doute, un truc comme ça. Je fus assez déçu mais vu qu’il n’y avait qu’un seul jeu, et qu’il semblait assez tarte, ça ne m’a pas abattu. Tant pis.

Les années ont passé et nous sommes entrés dans les années 90. Entre temps, la Mega Drive était enfin arrivée chez nous de manière officielle. Il était temps. La France… 


Je la revois en démo au Printemps des Galeries Lafayette, à l’époque où ils avaient un étage consacré aux jeux vidéo. Sonic venait de sortir, 1991 donc. Je n’avais pas trouvé ça folichon. C’était super rapide ouais, mais, je trouvais ça vide comme jeu. Et même avant. Quand je voyais tourner Ghouls’n Ghosts ou Strider par exemple, c’était certes bien mieux que sur ST (pas dur), mais la PC-Engine faisait mieux à mon sens. Elle, elle me faisait vraiment bander. Mais la Mega Drive, même pas semi-molle… 

1992 enfonça le clou. Fréquentant pas mal de glandeurs à cette période, l’un d’eux me prêta sa Mega Drive avec des tas de jeux. L’histoire se répétait, mais avec le modèle officiel cette fois. Je me souviens très bien de m’être retrouvé avec des tonnes de jeux de sport. Je déteste ça ! Baseball, foot, basket… Mais merde ! Où sont les shoots et les plateformes ? Y’en avait pas ou peu, je sais plus ! Le mec ne devait pas aimer ça ! 

C’est de la qu’est venue ma haine de la Mega Drive ! Dans ma colère, j’assimilais cette machine à une console pour amérloques et qui avait renié son héritage nippon ! D’ailleurs, je savais déjà à cette période qu’elle ne marchait pas au Japon. Je me disais que Sega avait mis le paquet dans les titres sportifs pour plaire au maximum à ces putains de yankees, ce qui expliquait son succès là-bas. Et le début 1993 n’arrangea rien puisque je me payais une Super Nintendo. Les comparatifs furent de mise. Je trouvais tout nul sur Mega Drive et tout formidable sur Super Nintendo. Ma haine décupla. 

Jusqu’en 2019, je n’aurais jamais touché une Mega Drive, même avec des gants. Mais pour un article, je me remettais dans le bain, histoire de ne pas écrire trop de conneries, pour une fois ! Ayant besoin de quelques captures d’écran de jeux, j’exhumais l’émulateur Kega Fusion. Je fus assez surpris de ce que je vis ! J’y pris même beaucoup de plaisir. Sonic 3, Thunder Force IV, Batman… C’était pas mal la Mega Drive finalement ! La console en avait sous le capot et pas que des putains de jeux de sport ! L’année suivante, j’enterrais le pad de guerre et j’en achetais une. 

Comme pour la Lynx d’Atari, la Mega Drive c’est uniquement le premier modèle pour moi ! Je ne veux pas entendre parler du second. 


Pourtant, des Mega Drive II comme elles s’appellent, et qui furent fabriquées à partir de 1993, ma nana en a trouvé pas mal en brocante, trois ou quatre. Cette photo date de la dernière trouvaille, juste avant le Covid je crois, dans un vide-maison si je me souviens bien. 


Il y avait plein de jeux avec, 30 balles le tout. Je me rappelle qu’on a remboursé les 30€ de mise avec une seule cartouche. 

Dans ce lot, le jeu Pete Sampras Tennis montrait une particularité que je n’avais jamais vue avant. Il permet de jouer à quatre. Deux manettes sur la console… 


…et deux autres branchées directement sur la cartouche ! C’était très étonnant. 


On a toujours vendu ces consoles avec un bon bénéfice à l’époque, et j’imagine qu’aujourd’hui, le prix n’a pas dû baisser. Songez également que le bloc secteur de la Mega Drive II est différent du premier modèle. 

Quelques accessoires Mega Drive, des manettes (les pads se différencient de par la touche start, blanche pour le premier modèle et rouge pour le second, tous fonctionnent sur chaque console évidemment), le convertisseur pour jouer aux jeux Master System et la grosse manette d'arcade bien lourde et encombrante comme j'aime, mais pas top question boutons, trop mous. Le manche est bon par contre.


J’ai presque rien en jeux, je ne suis pas assez fan pour mettre du blé là-dedans. Ma petite cartouche chinoise de 218 jeux me suffit largement, j’en ai même pas testé les ¾… 


Presque 30 ans de brouille et de haine, mais tout se termine bien.

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